Le 9 novembre, lors de la clôture des Assises bruxelloises de lutte contre le racisme, les contributions d’Actiris, Uniso, Unia, FGTB, Coalition NAPAR, CCOJB, CCLJ et le collectif Laïcité Yallah ont été transmises à la Commission Egalité des chances du Parlement bruxellois. Une commission qui devra sélectionner les recommandations qui seront, in fine, transmises au gouvernement pour être intégrées dans le Plan bruxellois de lutte contre le racisme.

A ce stade crucial, la Coalition NAPAR – coalition de 60 (coupoles d’) associations – souhaite attirer l’attention sur plusieurs points inquiétants quant au futur contenu du Plan.

En effet, lors de la session de clôture, le collectif Laïcité Yallah a longuement plaidé d’exclure l’intersectionnalité, le racisme structurel et la lutte contre l’islamophobie du plan d’action bruxellois de lutte contre le racisme. L’association a ouvertement attaqué la Coalition NAPAR, Unia et Actiris – trois acteurs clés pour la réussite du plan d’action. Enfin, elle a plaidé pour une forme d’universalisme et de laïcité qui perpétue les discriminations au lieu de les combattre. Par la même occasion, les musulman.e.s ont été stigmatisé.e.s à plusieurs reprises.

Ceux qui pensent que ce discours final n’est qu’une note de bas de page dans l’élaboration du plan d’action, se trompent. Car cet incident n’est pas un fait isolé. La présence de cette organisation au Parlement fait partie d’une stratégie politique que la Coalition NAPAR et d’autres organisations antiracistes ont rencontrée régulièrement lors leur travail de plaidoyer. Une stratégie qui vise à

  • remettre en question l’intersectionnalité
  • minimiser voire même nier l’islamophobie
  • nier l’existence du racisme structurel
  • réduire la légitimité de la société civile antiraciste, en divisant pour régner.

En outre, la coalition NAPAR a plaidé à plusieurs reprises auprès du gouvernement bruxellois qu’après la clôture des Assises contre le racisme, il continue à impliquer la société civile et les académiques dans le développement du plan d’action bruxellois. Cette demande a toujours été balayée de la main. Concrètement, cela veut dire que le gouvernement bruxellois perd une occasion d’obtenir des retours constructifs sur les actions antiracistes en cours de développement. La qualité du plan d’action en patira.

L’importance de l’intersectionnalité

Au niveau du contenu du plan, la Coalition NAPAR s’étonne de la remise en question du concept de l’intersectionnalité. Ce concept a pourtant été validé par les scientifiques. En effet, l’intersectionnalité vise à rendre visible les oppressions vécues au croisement de plusieurs formes de domination.

De nombreuses femmes noires, par exemple, sont victimes de discriminations, non pas parce qu’elles sont femmes, non pas parce qu’elles sont noires, mais parce qu’elles sont des femmes noires. Il en est de même pour les femmes musulmanes portant le foulard ou de jeunes hommes racisés issus de quartiers populaires confrontés au délit de faciès. L’intersectionnalité mérite donc une place centrale dans tout plan de lutte contre le racisme.

Certaines conceptions de l’universalisme et de la laïcité mènent au contraire à l’exclusion de certains groupes. Tout universalisme qui impose la norme de la majorité à tou.te.s ne fait que perpétuer des rapports de domination, dangereux pour la société dans son ensemble.

Un plan contre toutes les formes de racisme, aussi l’islamophobie

D’autre part, la population bruxelloise mérite un plan s’attaquant à toutes les formes de racisme, sans exceptions: l’antisémitisme, l’afrophobie, le racisme anti-migrants (avec ou sans papiers), l’asiaphobie, la romaphobie et l’islamophobie. A ce niveau, la décision des instances responsables du Parlement bruxellois de tolérer des stigmatisations islamophobes lors de ces Assises de lutte contre le racisme, est interpellante.

Dans la triste éventualité où l’intersectionnalité, la lutte contre le racisme structurel et l’islamophobie seraient finalement exclues du plan, nous serons contraint.e.s de conclure que dès le départ, le ver islamophobe était dans le fruit.

 

Communication Coalition NAPAR

Thomas Peeters 0499 618 277 thomas@orbitvzw.be